Le Coin du Balai et sa légende
Ce petit quartier de Watermael-Boitsfort est littéralement enclavé dans la Forêt de Soignes entre la rue de la Sapinière et la vieille chaussée de la Hulpe. La plupart des petites maisons colorées ont été construites à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Dans son livre superbement illustré « Bruxelles, par-delà les murs », l'historien Marc Meganck en donne une description appropriée « Il s'agit de maisons ouvrières mitoyennes, relativement étroites et ne comptant qu'un seul étage. L'accès aux intérieurs d'îlots (ateliers, granges, jardins-potagers...) se fait par une série d'entrées cochères et autres passages (chemins, servitudes, accès communs pour différents habitants...) mélangés sur le côté des maisons. Ces passages sont caractéristiques du quartier qui vit en intérieur d'îlot ».
Sur les hauteurs, au lieu-dit La Citadelle, les habitations de la rue Auguste Beernaert sont plus bourgeoises. La place de la Citadelle est devenue la place Rik Wouters, en hommage à ce célèbre peintre contemporain et ami d'Edgard Tytgat qui vécut dans le quartier. Le Heiligenborre, de l'autre côté de la chaussée de la Hulpe, constitue un petit îlot de maisons traditionnelles typiques du quartier. Quant au sud plus récent, il est loti de maisons bel étages des années soixante. Quelques habitations ont encore été construites lors de ces dernières années, notamment tout au bout de la chaussée, près de la sculpture de Staccioli malheureusement couchée à la suite d'un accident de la circulation (voir p. 9).
Remercié par Charles-Quint
Mais d'où vient ce nom charmant de coin du Balai? Tout simplement, il renvoie à la principale activité qui prévalait dans ce coin champêtre: la fabrication de balais. On y trouvait des bûcherons et des sabotiers. Une légende raconte que l'empereur Charles-Quint qui chassait dans la forêt s'est perdu et alla frapper à la porte d'un bûcheron. Sans reconnaître son hôte de marque, ce dernier lui offrit de partager sa table. Après le repas, l'Empereur lui demanda s'il n'avait pas encore quelque bon morceau de gibier. L'homme lui servit alors une tranche de chevreau salé tout en lui demandant d'être discret: le braconnage était sévèrement puni! Quelque temps plus tard, Charles-Quint convia le bûcheron à la Cour de Bruxelles. Effrayé, notre homme redouta des sanctions mais l'Empereur lui octroya le privilège exclusif, transmissible à ses descendants, de pouvoir couper dans la forêt le bois et les brins de genêts nécessaires à la confection de balais.