Faire du Coin du balai un quartier durable

La hausse des prix de l'énergie et la prise de conscience grandissante que nos modes de vie ne sont pas compatibles avec les ressources finies de la planète favorisent la diffusion de nouvelles idées, de concepts audacieux, comme les "quartiers durables". Un colloque leur a d'ailleurs été consacré récemment au Parlement bruxellois. De quoi s'agit-il?
A l'échelle d'un quartier, c'est à dire de l'espace vécu par chaque citoyen et non plus d'un espace organisé au niveau politique et administratif, cela consiste non seulement à construire ou rénover des bâtiments mais également à adapter le cadre et les modes de vie en suivant les principes du développement durable : concilier le respect de l'environnement naturel, le développement social et économique de façon durable. C'est à la fois plus ambitieux, mais aussi plus compliqué, que rénover un seul bâtiment en visant une haute qualité environnementale. En travaillant au niveau d'un quartier, on agit de façon efficace localement en s'inscrivant dans une logique plus large (planétaire, européenne, nationale, régionale ou communale).
Les modèles de quartiers durables les plus connus en Europe se sont formés surtout par la construction de nouveaux bâtiments et nouveaux équipements conçus pour réduire l'empreinte écologique des habitants, pour qu'ils consomment moins d'énergie et de ressources, tout en bénéficiant d'un excellent confort de vie.
Au Sud de Londres, le village BedZED (Beddington Zero Energy Development) compte 82 maisons bioclimatiques. A Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) le quartier Rieselfeld s'est développé autour de la ligne de tram qui le relie au centre. A Hammarby (Stockholm) les nouvelles constructions sont deux fois plus performantes en terme de consommation d'énergie que les normes suédoises, etc. Plus rarement, comme à Vesterbro (Copenhague), un ancien quartier populaire est transformé avec la participation des habitants qui l'occupent déjà. A Bruxelles, des projets de quartiers durables devraient voir le jour avec l'appui de la Région, un peu à l'image des formules de "contrats de quartiers" mis en oeuvre dans plusieurs communes du centre de la ville.
Cela signifie des possibilités d'encadrement et d'aides financières affectées au projet. Quels sont alors les principaux atouts du Coin du balai pour s'inscrire dans cette démarche ?
- La motivation des habitants du quartier. Avec plusieurs maisons pourvues de panneaux solaires, un projet original de mobilité partagée (le Comobil), des initiatives pour la promotion du jardinage et des potagers bios,… et bien d'autres encore, notre quartier fait preuve de dynamisme et de créativité pour chercher des solutions locales aux enjeux planétaires.
- La haute densité du bâti. Les maisons du quartier sont petites et fortement imbriquées avec un taux d'occupation élevé. Ce sont des qualités utiles pour parvenir à de bonnes performances et pour mettre en commun certaines technologies.
- Un environnement naturel exceptionnel à mettre en valeur : la proximité de la Forêt de Soignes, un petit ruisseau en fond de vallée, une faune et une flore diversifiée, bref un magnifique petit coin de nature aux portes de la ville.
- La volonté de la Commune. Celle-ci s'est déjà engagée dans un processus d'amélioration de ses performances propres; elle soutiendra certainement aussi les projets de quartiers durables sur son territoire.
Plusieurs directions sont possibles pour concevoir un quartier durable. On peut viser l'intégration de technologies de pointe, fixer des objectifs quantitatifs (énergie, eau, déchets, bruit, mobilité…), mais aussi envisager l'aspect social (mixité, générations, culture…) développer de l'activité et l'économie locale…
C'est à nous d'y réfléchir et de choisir si nous voulons faire du Coin du balai un quartier durable et comment.
Si vous êtes intéressés de participer à cette réflexion ou pour plus d'informations n'hésitez pas à me contacter.
Goéric Timmermans
311 chée de La Hulpe
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